Qu'est-ce que le poids d'équilibre "naturel" ?
Par Audrey Chavana LeLe poids d’équilibre est celui où l’organisme fonctionne de manière optimale, où le corps est métaboliquement sain. Ce poids est régulé par l’hypothalamus via des signaux neuro-hormonaux. Une restriction calorique en ignorant la faim et les envies perturbe ce mécanisme, favorisant reprise pondérale et maladies métaboliques. Une prise en charge adaptée auprès d'un(e) diététicien(ne) permet un retour durable à l’équilibre.
Photo de Nadin Mario sur Unsplash
Le poids d’équilibre correspond à celui où l’organisme est métaboliquement sain où il fonctionne de manière optimale. Il est déterminé par le nombre d'adipocytes, (cellules graisseuses) constituant le tissu adipeux (gras). Ce poids peut évoluer au cours de la vie et être stable grâce à notre cerveau. Sa stabilité est principalement régulée par l’hypothalamus, une structure cérébrale centrale jouant un rôle clé dans l’équilibre énergétique.
L’hypothalamus reçoit en continu des signaux hormonaux, notamment la leptine (sécrétée par le tissu adipeux) et la ghréline (produite par l’estomac), qui informent sur l’état des réserves énergétiques. En réponse, il module des signaux physiologiques tels que la faim et la satiété afin de maintenir l’homéostasie (l'équilibre) énergétique. Ce système est autonome et agit contre notre volonté. Il est extrêmement puissant : en cas de restriction perçue comme une menace, il peut réduire le métabolisme basal, ralentir certaines fonctions physiologiques et favoriser une attraction accrue pour des aliments denses en énergie (riches en sucres et en graisses). Par exemple, chez la femme, un déficit énergétique prolongé peut perturber le cycle hormonal (carence œstrogénique), voire entraîner une aménorrhée (absence de menstruations).
Le poids peut évoluer à la hausse sous l’influence de facteurs hormonaux, médicamenteux, psychologiques, culturels ou environnementaux. Le stress chronique et les pressions sociétales aggravent souvent ces déséquilibres, favorisant des comportements alimentaires inadaptés.
Les régimes restrictifs, en ignorant la faim et les envies, perturbent la régulation naturelle du poids. Cela entraîne fréquemment une reprise pondérale avec un surplus (effet yo-yo), néfaste pour la santé métabolique.
Lorsque le corps s’adapte à un nouveau poids d’équilibre (augmentation des cellules graisseuses appelée hyperplasie du tissu adipeux), c’est une réponse protectrice contre les maladies métaboliques. En revanche, dépasser ce poids (gonflement des cellules graisseuses appelé hypertrophie du tissu adipeux) devient problématique surtout au niveau viscéral (graisse qui entoure les organes du ventre).
Ainsi, certaines personnes avec un IMC élevé peuvent avoir une bonne santé métabolique lorsqu'elles sont à leur poids d'équilibre avec un rapport serein à leur alimentation et leur signaux corporels, tandis que des personnes minces peuvent être en mauvaise santé métabolique si elles sont au dessus de leur poids d'équilibre.
Ainsi, certaines personnes avec un IMC élevé peuvent avoir une bonne santé métabolique lorsqu'elles sont à leur poids d'équilibre avec un rapport serein à leur alimentation et leur signaux corporels, tandis que des personnes minces peuvent être en mauvaise santé métabolique si elles sont au dessus de leur poids d'équilibre.
Par exemple, les populations asiatiques ont une génétique qui limite l’augmentation des cellules graisseuses : en cas de déséquilibre, elles se retrouvent plus fréquemment au-dessus de leur poids d’équilibre avec un gonflement des cellules graisseuses.
Mon rôle, en tant que diététicienne-nutritionniste, est de rééduquer le comportement alimentaire en considérant la globalité de la personne afin de revenir naturellement au poids d'équilibre, tout en gérant ses envies de manger émotionnelles, pour prévenir, arriver à une rémission partielle / totale, ou encore stabiliser les maladies métaboliques comme le diabète de type 2, les maladies cardio-vasculaires, la stéatose hépatique, l'hypertriglycéridémie...
L'enjeu est de taille au vu de la pandémie de ce type de maladies aux complications souvent sévères au fil des années. D'autant que ce sont des maladies silencieuses sur de nombreuses années, pouvant être diagnostiquées fortuitement et tardivement sans contrôle médical régulier.
L'enjeu est de taille au vu de la pandémie de ce type de maladies aux complications souvent sévères au fil des années. D'autant que ce sont des maladies silencieuses sur de nombreuses années, pouvant être diagnostiquées fortuitement et tardivement sans contrôle médical régulier.
Infirmière à l'hôpital depuis plus de 10 ans, j'accompagne des patients atteints de diverses pathologies, principalement métaboliques. Ce constat m'a poussé à me former davantage pour devenir diététicienne-nutritionniste spécialisée en comportement alimentaire, afin d’agir en amont et de proposer une prise en charge préventive et thérapeutique adaptée à chaque individu.
Bibliographie
Pour aller plus loin :
Vidéo youtube : Poids naturel ou poids de santé ?
épisode 63 : Qu'est-ce que le poids "naturel" ? @Lesvoiesmétaboliques
Pr Benoit Arsenault - scientifique québécois engagé dans la prévention des maladies cardiométaboliques.
Dr Sylain Iceta - Psychiatre
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10421039/
Hyperplasie et hypertrophie des tissus adipeux dans l’obésité commune et syndromique – le cas de l’obésité BBS (2023)
Avital Horwitz 1, Ruth Birk 1,
doi: 10.3390/nu15153445
Bibliographie
Pour aller plus loin :
Vidéo youtube : Poids naturel ou poids de santé ?
épisode 63 : Qu'est-ce que le poids "naturel" ? @Lesvoiesmétaboliques
Pr Benoit Arsenault - scientifique québécois engagé dans la prévention des maladies cardiométaboliques.
Dr Sylain Iceta - Psychiatre
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10421039/
Hyperplasie et hypertrophie des tissus adipeux dans l’obésité commune et syndromique – le cas de l’obésité BBS (2023)
Avital Horwitz 1, Ruth Birk 1,
doi: 10.3390/nu15153445
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4371661/
Le rôle du tissu adipeux dans la reprise de poids après la perte de poids P S MacLean 1, J A Higgins 1, E D Giles 1, V D Sherk 1, M R Jackman 1 (2015)
doi: 10.1111/obr.12255
Le rôle du tissu adipeux dans la reprise de poids après la perte de poids P S MacLean 1, J A Higgins 1, E D Giles 1, V D Sherk 1, M R Jackman 1 (2015)
doi: 10.1111/obr.12255